L’association

Qui sommes-nous

Au cours de l’hiver 2009-2010, des personnes bénévoles ont improvisé des cours de français pour des Afghans demandeurs d’asile vivant dans les campements autour de Stalingrad et ailleurs dans le nord est de Paris, ou encore hébergés dans des hôtels.  Les cours avaient lieu à l’Antenne Jeunes Flandre, dans le 19e, et c’est ce qui décida alors d’accueillir plus particulièrement une population âgée de moins de 25 ans, puis de moins de 30 ans.  Il s’agissait de palier l’absence de dispositif public d’apprentissage du français à l’intention des demandeurs d’asile. La plupart des cours étaient assurés par des étudiants en master de Français Langue Etrangère.

Peu à peu les nationalités et les situations ont varié, les cours ont vu affluer des jeunes étrangers habitant, dormant ou fréquentant le quartier, puis venant des quartiers périphériques et de la proche banlieue.

L’association Kolone s’est constituée en juillet 2011. Se fonder en association allait permettre d’organiser l’activité et de solliciter les premières subventions auprès de la Ville de Paris, pour payer essentiellement des manuels de français, des cahiers et des stylos, du café et du thé, beaucoup de sucre et de biscuits.

Les hivers 2011-2012 puis 2012-2013 ont été particulièrement rigoureux, il neigeait beaucoup, une partie des jeunes accueillis à Kolone n’avaient pas d’hébergement, nous avons appris à enseigner le français dans ces conditions-là, à faire en sorte que les cours soient un lieu qui aide à tenir le coup.

A mesure qu’ils apprenaient le français, nous apprenions à enseigner, puis à faire une école.

Après beaucoup d’expériences, beaucoup d’écoute aussi de ce qu’on attendait de nous, nous avons appris ce que pouvait être l’apprentissage du français aux exilés nouvellement arrivés dans ce pays.

Comment assimiler une langue aussi difficile que le français quand on vit dans l’incertitude et la précarité ? Comment ne pas se décourager quand on n’a pas fréquenté d’école depuis des années ? Comment se concentrer quand on est confronté à de multiples angoisses sur sa situation ou celle de ses proches ?  Qu’on ne dort pas la nuit ? … L’incertitude du séjour est pour beaucoup le premier frein.

Confier la pédagogie à un enseignant professionnel unique, qui connaît tous ses élèves ; faire des cours qui durent toute l’année, d’octobre à juillet, parce que les apprentissages sont très lents  et que l’école socialise ; veiller dès la rentrée et tout au long de l’année, à créer et maintenir trois  classes de niveau homogène en étant exigeant sur le positionnement linguistique ;  proposer de passer des diplômes d’État (les DELF), parce que c’est encourageant et que ça peut aider pour les papiers, bref essayer d’offrir les meilleures conditions d’apprentissage, les conditions d’une école, ce qui devrait normalement être garanti à tous les étrangers désireux d’apprendre la langue française parce qu’ils souhaitent vivre en France.  Tout en continuant d’accueillir les personnes de façon inconditionnelle, à peu près gratuite, la sélection ne se faisant que sur le linguistique (a minima, maîtriser l’alphabet latin).

Kolone a donc choisi de faire de la qualité de l’enseignement sa priorité absolue, et de salarier un professeur dès que ses finances le lui ont permis, après trois ans d’existence.

Pour une petite association partie de rien, ce fut une première grande victoire. Cela implique beaucoup de temps passé à chercher des financements et à créer ses propres ressources, un temps qui se répète sans cesse car rien n’est jamais acquis ni pérenne.

Depuis le début Kolone est soutenue par la Ville de Paris : la Politique de la Ville, qui représente l’aide de l’État dans les quartiers prioritaires ; la DASES (Direction de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Santé) ; la DAC (Direction des Affaires Culturelles), plus récemment la DAE (Direction de l’Attractivité et de l’Emploi).  A partir de  2014, l’État s’est engagé également,  via la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale de Paris), à travers sa « politique nationale d’intégration et d’accompagnement des étrangers en France ».

Des fondations privées ou des ONG se sont également engagées, pour des soutiens ponctuels ou pérennes : Fondation Seligmann, Fondation Notre Dame, CCFD-Terre Solidaire.

Mais ne voulant pas dépendre uniquement des subventions, Kolone consacre du temps et de l’énergie à produire ses propres ressources, en donnant des cours dans une institution accueillant des Mineurs Isolés Etrangers (Archipel), en élaborant des supports de communication en français facile pour des structures accueillant un public allophone, voir ici : http://kolone.org/supportsdecommunication/

Kolone salarie aujourd’hui trois personnes dont deux Emplois Aidés (ce sont des emplois qui ne se renouvellent qu’une fois, l’aide de l’État est limitée à deux ans). Tous les intervenants, artistes, comédiens, graphistes, qui participent à nos activités culturelles, ont toujours été rémunérés.

Donner du travail fait également partie des valeurs de Kolone : permettre à des gens de travailler dans de bonnes conditions afin d’aider au mieux les bénéficiaires de l’association (en tant que professeur, chargé d’accompagnement socio-professionnel, artiste,…), essayer d’inventer de bonnes pratiques, créer un petit modèle socio-économique qui fonctionne et fait ses preuves, c’est une utopie que Kolone met en œuvre.

Passée l’urgence humanitaire, passée la phase la plus aigüe dans la crise d’adaptation à une société nouvelle, c’est un monde commun que les personnes en exil et nous-mêmes fabriquons, et Kolone travaille à cette lente construction, où l’on sait que le partage de la langue française est fondamental.

C’est un temps qui ne coïncide pas avec le temps annuel des Appels à Projets ; c’est un horizon qui ne se limite pas aux « objectifs » des cases à remplir dans les formulaires officiels.  Or c’est le jeu qu’il faut jouer, car rares sont les institutions qui conventionnent avec des associations sur plusieurs années, ou acceptent de financer les frais de fonctionnement.

Kolone ne dérogera jamais à son principe fondateur d’inconditionnalité de l’accueil, ce qui rend certains financements publics incertains à l’avenir. Faute de moyens, notre initiative pourrait disparaître comme elle est apparue. C’est pourquoi nous demandons la mobilisation de ceux qui sont convaincus de la nécessité de maintenir une société hospitalière vaille que vaille et plus que jamais dans l’époque de trouble que nous traversons.  Nous avons besoin d’adhérents, pour nous aider à tenir nos positions, nous avons besoin de soutien financier, pour continuer à exister et à améliorer ce que nous faisons.

Nous ne savons plus que faire face aux politiques migratoires européennes, sinon nous associer à toutes les voix qui dénoncent, témoignent, accusent. Nous savons à peu près quoi faire sur le terrain, c’est donner des moyens à ceux qui sont là, et parmi ces moyens, leur donner la parole, condition insuffisante mais primordiale pour commencer à devenir un sujet libre ici.

L’EQUIPE

pour site

Emmanuelle Gallienne

Directrice / coordinatrice

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Colette Audet

Formatrice et référente pédagogique

Soutiens : bénévoles pour l’enseignement du français, l’accompagnement du public ; stagiaires en FLE

Intervenants : artistes pour les activités culturelles (graphisme et typographie, reliure, cinéma, danse, musique, atelier d’écriture)

Depuis janvier 2017 Kolone a installé ses bureaux  au « 156 », 156 rue d’Aubervilliers dans le 19e arrondissement, un local partagé avec les associations Korhom et GFR.

Les cours de français sont toujours hébergés dans des salles mises à disposition dans le nord est parisien : Centre social et culturel Rosa-Parks, 19e, la MCV (19e), la bibliothèque Vaclav Havel, 18e.

Kolone est désormais une association « hors les murs » de la Pépinière Mathis.

Kolone est également prestataire de cours de français auprès de structures qui lui font confiance depuis quelques années:

INTERVENTIONS ET MÉDIAS

  • Journée de la Traduction organisée par l’ATLF (Association des Traducteurs Littéraires de France) au CNL le 6 octobre 2014. Emmanuelle Galienne rend compte de l’expérience inédite de traduction menée par l’association Kolone dans le cadre des ateliers du Cinq.

Captation vidéo ici : http://www.atlf.org/lassociation/nos-interventions/journees-doctobre/

  • ARTE, le mardi 6 octobre 2015. Documentaire retraçant le voyage de jeunes Afghans de Kaboul jusqu’ en Europe. A Paris, lorsqu’on cherche des cours de français, on rencontre Kolone …

Captation vidéo ici : http://www.arte.tv/guide/fr/063095-000/comme-une-pluie-de-parfum?autoplay=1

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Kolone, histoire d’un nom

Dans l’antiquité grecque, Colone ou Kolone était un faubourg de la cité d’Athènes, un lieu paisible où les étrangers trouvaient accueil et protection avant que la cité ne leur donne l’hospitalité. C’est toute l’histoire de la dernière tragédie de Sophocle, Œdipe à Colone.  Se tenir au seuil pour accueillir ceux qui viennent d’arriver, tel est l’engagement de l’association Kolone.

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©2015 Kolone créé par JulieDMP

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