D’un monde à l’autre : métamorphoses

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« D’un monde à l’autre: Métamorphoses » questionne quelques figures de l’exil en s’attachant très concrètement au passage d’une langue à l’autre, où se jouent transformation de soi et glissement de l’identité. Donner à voir et à écouter des langues qui d’habitude n’entrent jamais dans les échanges avec les locuteurs français, déplacer le sentiment d’étrangeté et d’incompréhension, trouver un lieu incertain où les cultures communiquent, tels sont les objectifs du projet, restitué chaque année dans différents médias.

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Retrouvez toutes les archives des ateliers sur le blog Métamorphoses

« D’un monde à l’autre : métamorphoses » est un projet de l’association Kolone en résidence pendant quatre années au Cinq , un établissement du CENTQUATRE -PARIS  réservé aux pratiques artistiques amateurs des associations des 18e et 19e arrondissements.

C’est du constat que les étrangers fréquentant les cours de français étaient sans voix – usaient d’une voix timide, hachée, obscurcie par la peur de l’accent, de la prononciation fautive, par la difficulté de la syntaxe – et que cette voix renaissait, lorsqu’ils parlaient leur langue, avec son élan et son timbre propre, comme si une autre personne parlait, inconnue, que sont nés en 2013 les ateliers Métamorphoses : on a  tenté d’y interroger quelques glissements de l’identité en exil, par le matériau de la langue, avec le principe de confronter, sous différentes formes et avec différents média, les langues maternelles et la langue d’accueil. Surtout d’y laisser latitude à la langue de chacun, par la voix et par l’écrit, et d’être à notre tour ceux qui ne comprenaient rien, qui peinaient à suivre, qui ne savaient pas reconnaître les signes ni prononcer les sons.  En ont résulté plusieurs expériences, jusqu’à la dernière, qui a toujours été à l’horizon de ces trois ans d’ateliers : un livre où au français se mêlent les langues et les écritures étrangères, et qui tente une proposition commune, fragile, un état des lieux du français débutant, mi onirique, mi pragmatique.

Chaque année les ateliers Métamorphoses ont laissé  les signes des écritures étrangères troubler la perception du « lecteur » français, qui voit mais ne peut lire, devient spectateur d’un message indéchiffrable – à moins que ceux qui l’ont écrit ne lui traduisent à l’oreille. Bangla, persan et arabe, hindi, népali, tamoul, khmer, tibétain ou mandarin … Dans les ateliers les lettres ou les idéogrammes se sont affichés comme des images.

Sur le principe d’une libre participation et à partir de rencontres, les Ateliers Métamorphoses ont accueilli chaque année des personnes d’horizons divers, qui avaient en commun de n’être pas francophones, d’avoir grandi avec une autre  langue maternelle, et des intervenants de compétences variées : plasticiens, graphistes, écrivains, vidéastes, musiciens, danseurs, comédiens.

On s’est attaché à donner à la langue française un espace hors contrainte,  ludique et rêveur où l’assimilation se fait davantage par l’émotion, les affects et le corps. On a cherché un lieu incertain où les cultures communiquent.

Les diverses restitutions des ateliers – exposition, film, performances, livre –ont toutes pour objet central la langue, quel que soit le media emprunté, écrit ou sonore.

En 2020, le laboratoire de langues et de traduction de Kolone reprend, à la Maison du Réfugié à Paris , avec l’association Fabrication Maison et les éditions Passages en images

A suivre, donc.

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Activités artistiques autour d’un épisode de l’Odyssée: lecture et traduction en de multiples langues (tibétain, mandarin, tamoul, hindi, bengali, pachtou, soninké, persan, coréen, khmer, pidgin english, wolof, peul),  créations graphiques et enregistrements audio, expositions, réalisation d’un film d’animation et de  captation d’une lecture accompagnée par des violonistes de l’Orchestre de Chambre de Paris.

Etranger, je vais te raconter une terrible histoire, captation de la lecture du 12 juin 2014 au Cinq, accompagnée par les violonistes de l’Orchestre de Chambre de Paris.

image : Ludovic Rivalan

prise de son : association Attelanes

Mon nom est Personne, un film d’animation de Claudine Bes et Julien Auger.

©2019 Kolone créé par JulieDMP

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